Prochaine conférence

C’est notre dernière conférence donnée dans la saison 2019-2020 ! En espérant que ce retour sur la saison 2019-2020 a permis à notre public de rester en lien avec l’U.S.P  et  de revivre « rétrospectivement » nos rencontres du Mardi .

Maintenant, nous donnons  rendez-vous à toutes et à tous, le  29 septembre pour la première conférence  de la saison 2020-2021.

Compte rendu de la conférence de Jean-Claude Artus donnée le 10 mars 2020

Professeur émérite de l’Université Montpellier I, oncologue, ancien chef de service de médecine nucléaire, président honoraire du registre des tumeurs, expert auprès de la Cour d’Appel de Montpellier, le Professeur Jean-Claude Artus est également membre du Conseil Scientifique santé énergie et ancien membre du jury scientifique du prix du CEA

Au cours de sa conférence, le professeur Jean-Claude Artus a analysé les causes de la méfiance de nombreux citoyens à l’égard de la science, en s’appuyant sur la crise du Covid 19 que nous traversons actuellement.

Les médias ne parlent quasiment que de cela. Les radios, les chaînes de télévision, les journaux nous abreuvent de toutes sortes d’informations alarmistes. Mais entre les propos du premier expert autoproclamé et l’analyse de la communauté scientifique, la différence est grande. La science ne s’appuie que sur les faits, reste prudente, admet ses limites : « En l’état actuel des connaissances, le Covid 19 apparaît comme une maladie très contagieuse mais pas forcément très grave. » disent les scientifiques. (Nous rappelons que ces propos ont été tenus le 10 mars) « Les laboratoires chinois ont mis en évidence la structure de ce virus, on peut donc imaginer qu’un vaccin est envisageable ».

Le poids des mots, les outrances verbales, peuvent faire croire aux populations non expertes à peu près n’importe quoi. Et certains médias ne s’en privent pas. En effet si la science s’appuie sur des faits établis, ceux-ci peuvent prendre une signification différente selon la formulation choisie.

D’autres aspects sont à prendre en compte. La révolution scientifique du « siècle des lumières » nous a fait prendre conscience de notre ignorance. En acceptant de nouvelles façons d’étudier et de voir le monde, il a fallu admettre que beaucoup de choses échappent à notre compréhension. Le propre du scientifique est de constater les faits, d’émettre des hypothèses et de les tester pour les confirmer ou les infirmer  afin d’établir une vision objective du monde qui nous entoure, indépendante de toutes croyances humaines. Dès Lors, on a pris conscience de la relativité du savoir qui n’est que provisoire.

Or, selon le conférencier, on constate aujourd’hui « une perte de l’humilité de l’ignorance ». En effet, nous vivons dans un monde où ne pas avoir d’opinion est considéré comme inacceptable ; même si les recherches scientifiques sont chaque jour un peu plus pointues et compliquées à comprendre. De plus certains médias semblent s’appuyer sur les nouvelles défaitistes pour faire de l’audience, et la science n’a pas toujours la capacité de donner des réponses immédiates. Si bien qu’une grande partie de la population préfère se fier à des informations douteuses plutôt qu’à une communauté de scientifiques agréée qui donne une vision objective mais différente.

Si une personne seule a le droit de croire ce qu’elle souhaite, une croyance collective peut devenir dangereuse : si elle s’impose comme étant une vérité, elle peut alors impacter des domaines comme l’enseignement (où les professeurs sont décrédibilisés face à des informations lues sur internet ou « vues à la télé »), comme la justice, comme la politique (alors que les élites n’ont elles-mêmes que très peu de culture scientifique) et bien entendu sur la vie citoyenne. Ce danger est malheureusement bien entretenu par les réseaux sociaux, qui véhiculent de façon inégale les informations fiables et les interprétations contestables. Le public s’enfonce alors dans une spirale qui le fait douter. IL adopte une nouvelle perception des événements pour compenser les zones d’ombre et prend peur face à ce qu’il pense être une réalité. Un véritable mur d’incommunicabilité s’établit entre les citoyens et la communauté scientifique, et se renforce un peu plus à chaque nouvelle infox qui émerge, empêchant les véritables informations de circuler.

Face aux nouvelles alarmistes, Jean-Claude Artus nous incite à garder notre calme et notre sang-froid, à aiguiser notre esprit critique et à faire confiance aux communautés scientifiques.

Vu les circonstances et les différentes directives données par le Président de la République et son Premier Ministre, l’U.S.P annule toutes les manifestations  prévues jusqu’au 6 avril (conférences, causerie du lundi 16/03, sortie botanique du 18/03, cours et Ateliers).

Toute  l’équipe déplore cette situation mais nous pensons que ces mesures sont nécessaires pour protéger les populations. Notre premier souci est de suivre cette ligne de conduite et, ainsi de respecter notre public.

A cette date, suivant l’évolution des événements nous donnerons  d’autres informations.

Nous comptons sur votre compréhension et à bientôt pour des nouvelles plus optimistes.

USP : Un début de saison très enthousiasmant… interrompu à mi-parcours !

Le programme des conférences de l’USP annoncé pour la saison 2019-2020 a été unanimement apprécié pour ses thèmes très liés à l’actualité et pour les conférenciers de renom qui devaient intervenir. Plusieurs conférenciers avaient déjà bien lancé la saison et avaient été fort appréciés. Un petit retour en arrière peut nous permettre de nous rappeler ces bons moments passés à écouter Jérôme Fourquet, Nicolas Delon, Eric HEYER, Alexis SPIRE, Jean Pierre FILIU. Quelques-uns avaient dû déjà renoncer à venir à Villefranche, au regard des évènements que notre pays a traversés: la crise des « gilets jaunes » et la réforme des retraites nous a privés de conférenciers retenus à Paris par leurs responsabilités officielles. En ce moment, c’est l’épidémie galopante du coronavirus qui met entre parenthèses toutes nos activités…

Dans cette période troublée, l’association a choisi de garder un lien avec son public en publiant, sous forme d’articles, quelques conférences. Celle de Jean Éric BRANAA, nous a semblé bien à propos pour changer un peu de registre et nous permettre de réfléchir à un événement qui sera au devant de la scène, en Novembre,

les élections américaines-

Jean-Éric BRANAA, grand spécialiste de la société et de la vie politique en Amérique, auteur de nombreux ouvrages sur la société, le droit et la politique américaines est un des derniers conférenciers que nous avons écoutés avec beaucoup d’intérêt. Il a analysé en connaisseur la situation politique pré-électorale aux Etats-Unis tout en expliquant, précisément et parfois avec humour, le fonctionnement du système électoral américain.

Les élections américaines, processus complexe, long et coûteux, se préparent dès le début du mandat d’un président élu. Ainsi, dès l’élection très inattendue de Donald Trump, le 3 novembre 2016, les démocrates préparaient l’élection du 8 novembre 2020, en déclarant : « [Il] peut être battu ». Dans ce but, pas moins de 27 candidats se sont présentés du côté démocrate. Ils se sont activés, au cours de la pré-campagne, pour se faire apprécier dans tous les États et manifester en toute occasion leur opposition au président élu. Mais l’indépendance relative de chaque État qui dispose de son propre canal médiatique (télévision, journaux…) leur complique singulièrement la tâche. Et une campagne électorale aux États Unis est ruineuse !

Le déroulement des élections est immuable. En février, s’ouvrent les primaires alors que certains candidats, ruinés, ont déclaré forfait. L’État de l’Iowa organise le premier caucus (sorte de vote à main levée) à la fin duquel un certain nombre de délégués (une trentaine pour l’Iowa) sont attribués à des candidats bien en vue. Les moins dotés abandonnent la compétition. Une première tendance ! D’autres votes suivront dans d’autres États avec les mêmes effets. Plus déterminant est le « Super Tuesday » (vote de 14 États : Massachusetts, Minnesota, Caroline du Nord, Texas…) au début du mois de mars : les candidats, les meilleurs, peuvent y obtenir plusieurs centaines de délégués en une seule journée. Après ces primaires et une campagne où tous les coups sont permis, les délégués obtenus choisissent en Juillet les deux candidats qui s’affronteront, à partir de Septembre, pour les élections finales…

Jean-Éric Branaa considère que, cette année, les primaires démarrent plutôt mal pour les démocrates : les frasques de Trump, la procédure d’« impeachment » lancée contre lui  font du président une vedette médiatique. Quoi qu’il en soit, seuls trois candidats à la présidentielle parviendront jusqu’à la fin de la pré-campagne : un candidat républicain, Donald Trump et deux candidats démocrates, assurément Joe Biden et Bernie Sanders. Qui des deux l’emportera ? Joe Biden, plutôt centriste et « républicain compatible » ou Bernie Sanders plus libéral et progressiste ? En face, la popularité de Trump se maintient en dépit de la procédure de destitution à son encontre, du conflit avec l’Iran, de la menace de conflit avec la Corée… Les votes des « Swing-States », les États qui n’ont pas d’appartenance déclarée à un parti politique peuvent faire pencher la balance. Si des États comme la Géorgie ou la Floride décident de voter Démocrate plutôt que Républicain, Donald Trump ne sera sans doute pas réélu.

Selon Jean-Éric Branaa, le prochain président américain sera démocrate, centriste et républicain compatible : Pour lui, Joe Biden succédera à Trump !

Libre à chacun d’enrichir cette réflexion et d’imaginer les prolongements et les conclusions possibles. Dans les prochaines semaines un autre article sera proposé à la réflexion des lecteurs. Nous souhaitons à toutes et à tous de garder un bon moral, de bien se protéger. Bon courage et à des jours meilleurs !

Compte rendu de conférence:

« Français et arabes, une histoire partagée »

 Conférence présentée par Jean-Pierre Filiu, diplômé de Sciences Po, politologue et arabisant français, auteur de l’ouvrage « Français et Arabes, une histoire partagée »

Jean-Pierre Filiu s’attelle lors de cette conférence, à retracer l’histoire commune qu’ont partagée les Français et les Arabes depuis la Révolution Française, et explique les conséquences que ces relations ont sur le monde d’aujourd’hui.

  Cette histoire commune commence avec l’ouverture de l’ «École spéciale des Langues Orientales », aujourd’hui INALCO (Institut National des Langues et Civilisations Orientales). Il s’agit d’un premier geste effectué vers les civilisations orientales, par l’apprentissage de leurs langues qui donne naissance aux premiers diplomates spécialisés en civilisations et langues. Malheureusement, ce type d’initiative qui œuvre à la coopération entre les civilisations orientales arabes et la civilisation occidentale se fera rare, rapidement supplanté par la frénésie coloniale qui anime les Européens.

  En effet, le conférencier nous apprend que si les relations entre l’Orient et l’Occident sont si tumultueuses et conflictuelles aujourd’hui, c’est principalement à cause des conflits coloniaux ayant eu lieu sur les terres arabes, dans l’espace depuis Istanbul jusqu’aux rives atlantiques du Maroc, et dans le temps depuis la Révolution Française et jusqu’à nos jours. En 1801, la fin de la campagne Napoléon Bonaparte en Egypte marque le début de la « Nahda », un mouvement d’émancipation collective et individuelle. Avec cette « Nahda » naît aussi un désir d’indépendance face à l’empire ottoman et au sultan d’Istanbul, qui avait alors une emprise politique et spirituelle sur les arabes majoritairement musulmans. On voit ainsi se développer des nations comme l’Egypte, qui n’est plus sous l’emprise du Sultan mais d’un Khédive qui multiplie les réformes économiques et politique (1805-1840) ; c’est aussi le cas de la Tunisie qui adopte la première Constitution du Monde arabe,  séparant le pouvoir politique de la religion (1861). Napoléon III souhaite même aider à développer un « Royaume Arabe » qui pourrait faire face à l’empire ottoman et à ses soutiens anglais. Mais toutes ces tentatives sont mises à rude épreuve par la « Question d’Orient », c’est à dire l’intervention des pays européens sur les territoires orientaux. Malgré les efforts pour obtenir une forme de reconnaissance, chaque territoire est partagé et disputé entre les différentes puissances européennes, qui tour à tour montrent leur soutien face au désir d’indépendance ou imposent leur domination en écrasant toute forme d’opposition. Face à cette dépossession d’identité et de territoire, l’unité nationale s’amenuise, suffisamment forte pour vouloir s’émanciper des puissances européennes tout au long du XXe siècle (jusqu’à l’indépendance de l’Algérie en 1962), mais pas assez pour pouvoir repousser les despotes, ces derniers prennent le pouvoir et utilisent davantage les forces armées contre le peuple plutôt que pour le peuple.

  Aujourd’hui, les régimes autoritaires sont malheureusement politique courante sur la rive sud de la Méditerranée. Mais le droit d’autodétermination des peuples, les revendications sont plus d’actualité que jamais, comme en Algérie depuis le 16 février 2019.  Les Algériens se réunissent tous les vendredis pour contester le pouvoir en place et obtenir une véritable démocratie.

La conférence s’est achevée sur cette note d’espoir. Après avoir répondu à quelques questions du public, Jean-Pierre Filiu a dédicacé son livre : Français et Arabes, une histoire partagée.

Nous nous reverrons bientôt, en attendant prenez soin de vous, de vos proches et des autres…

Compte-rendu de la conférence d’ERIC HEYER

donnée le samedi 4 janvier

à l’hôtel des FLEURINES

Les Enjeux de l’Économie française et mondiale.

La France serait le seul des grands pays d’Europe à avoir un taux de chômage élevé, une croissance faible et une dette abyssale. Nous serions les seuls à avoir conservé un Code du travail lourd et rigide, un modèle social affreusement coûteux, et à ne pas encore avoir mené les réformes permettant de nous adapter à la fois à la mondialisation et à la révolution technologique.
Cette vision est radicalement fausse. Qu’en est- il réellement ?

Aujourd’hui la croissance de l’économie mondiale entraine la création de richesses. Cependant, les inégalités demeurent fortes.

Pourquoi peut-on craindre une crise prochaine ? Les raisons sont multiples :

– La France est souvent présentée comme le mauvais élève de la zone Euro. Or, cela ne résiste pas à l’épreuve des faits quand on regarde ses performances économiques. La zone euro est malade, donc la France l’est aussi. Mais on est plutôt un élève moyen de la zone euro. L’Italie et l’Espagne sont, par exemple, dans des situations plus catastrophiques.

– Le problème majeur est celui de la dette des entreprises qui n’arrivent pas à recruter mais aussi celui de la dette des ménages.

– L’inflation est forte. Si les offres existent, il y a un écart avec la demande encore limitée par la pauvreté : nombre d’études montrent que l’on ne peut s’en sortir que par une augmentation des salaires au sein de la zone euro, cette dernière devant être différenciée selon les pays.

– Les politiques conduites en Europe permettent de créer de la croissance, mais celle-ci repose sur une mauvaise répartition des richesses. Elle provoque donc une surabondance d’épargne, d’un côté, et un manque de consommation, de l’autre. On doit craindre des risques bancaires pour les épargnants car les investissements ne rapportent rien…

– Le problème du chômage en France n’est pas lié au marché du travail – ce dernier fonctionne d’ailleurs relativement bien – mais aux performances économiques. La France a une productivité et une démographie relativement bonnes, c’est un avantage à long terme. Mais à court terme, on a besoin de plus de croissance – au moins 1,2% – pour développer l’emploi.

– La guerre commerciale entre les U.S.A de Trump qui augmente les droits de douane et la Chine ou l’Europe crée une instabilité supplémentaire.

-Enfin émergent des problèmes relatifs à l’environnement et au réchauffement climatique dessinant une instabilité nouvelle.

Alors, quel est l’impact de ces changements climatiques sur la croissance ? L’impact est neutre pour les pays tempérés industrialisés alors qu’il est mauvais pour les pays émergents du Sud. Il peut en résulter des flux importants de migrants climatiques difficiles à gérer. En ces temps de taux négatifs, ne parait-il pas majeur d’investir 100 à 200 milliards dans l’économie.

Il devient urgent de sortir du déni et de mettre en place de grands projets afin de préparer un avenir viable pour les générations futures…    L’U.S.P

Compte-rendu de la conférence  d’Alexis Spire du 21 janvier 2020:

«Résister ou Consentir à l’impôt»

 Docteur en sociologie, directeur de recherches au CNRS, membre permanent de l’IRIS. Alexis Spire est l’auteur du livre «  Résistance à l’impôt, attachement à l’État », qui compile la somme et le résultat de ses recherches sur l’injustice fiscale.

  Dans cette conférence, Alexis Spire a dévoilé le cheminement de ses recherches afin de comprendre le sentiment d’injustice fiscale qui règne en France.

  Il a mené son enquête durant presque une décennie après avoir constaté que, malgré l’augmentation des inégalités dans de nombreux pays (France, Grèce, Portugal, Etats-Unis par exemple), on observe une recrudescence des protestations contre l’injustice fiscale et les impôts, censés prévenir justement  ces inégalités. Les mouvements des Bonnets Rouges et des Gilets Jaunes sont nés de ce ressenti d’injustice, donnant parfois lieu à des alliances inattendues, entre des salariés et des entrepreneurs, des indépendants et des ouvriers.

  L’enquête a commencé en 2012-2013 en opérant de deux manières : d’une part, un échantillon de 3000 personnes devait répondre à un questionnaire de 20 minutes une fois par mois, en échange d’une tablette et d’une connexion internet ; d’autre part, on a interrogé des contribuables directement aux guichets des Finances Publiques. La combinaison de ces deux méthodes a permis de préciser la notion de « ras-le-bol fiscal », de savoir à qui elle s’appliquait particulièrement et quel était son contexte. Ainsi, les chercheurs du CNRS ont constaté de nombreux paradoxes : par exemple, la Bretagne fait partie des régions où le civisme fiscal est le plus élevé mais on y proteste plus ; en revanche la Corse conteste peu pourtant le taux de civisme fiscal y est très bas. Par ailleurs les classes populaires sont les plus enclines à râler face aux impôts alors qu’elles en paient peu.

   D’après cette enquête, plusieurs raisons sont à l’origine de ce sentiment d’injustice.  La  réticence  des classes populaires face à l’impôt est à mettre en corrélation avec le pouvoir d’achat de chacun. Les impôts indirects, comme la TVA, impactent directement le pouvoir d’achat des classes moyennes.  À cela s’ajoute l’idée, à la suite de plusieurs scandales éclaboussant les classes supérieures,  que « les plus riches s’arrangent pour ne pas payer d’impôts ». C’est pourquoi beaucoup de personnes considèrent que ces classes-là ne payent pas leurs impôts, que les plus pauvres bénéficient de la redistribution sans contribuer et que les classes moyennes doivent compenser pour le reste du pays. On note aussi un très fort attachement à la valeur du travail et les protestations viennent alors de la crainte que la redistribution des richesses favorise l’assistanat, et les profiteurs.

   Actuellement la question fiscale est au centre du débat public, ce qui est assez inédit et inhérent à notre époque. Alexis Spire a insisté en conclusion sur la nécessité d’un vrai travail de pédagogie afin de rendre visible tout ce que notre régime fiscal permet de financer : c’est à lui que nous devons notre système de protection et de mutualisation sociale.

 

Mardi 17 mars 2020, 18h30

Théâtre municipal de Villefranche de Rouergue

 «  À  la découverte de l’opéra » 

par Julia Le Brun  

Julia Le Brun est diplômée de Science Po. Passionnée de musique classique et d’opéra, elle a, en parallèle, obtenu un Diplôme d’Etudes Musicales de piano au Conservatoire où elle a suivi un cursus de musicologie et de chef de chant. Elle donne des conférences dans le cadre de sa société « Le voyage lyrique ». Elle est aussi  auteur de romans, inspirés par sa passion pour la musique et d’essais  parmi lesquels « Les chevaliers d’Apollon » et «  Une histoire de la construction de l’Opéra Bastille ».

                 À l’occasion de cette conférence, Julia Le Brun propose de nous faire découvrir, à travers de nombreux extraits vidéo, l’histoire et l’univers de l’opéra: sa naissance très aristocratique dans le salon du comte Bardi, à Florence à la fin du XVIe siècle, les périodes baroque, classique, romantique jusqu’au début du XXe siècle. Elle nous permettra de mieux connaître les principaux styles et les grandes œuvres lyriques. Nous écouterons des morceaux de Monteverdi, Mozart, Wagner, Verdi, Puccini… Et elle nous montrera comment chaque compositeur a enrichi la notion d’opéra qui, à l’origine, était conçu comme un drame théâtral mis en musique et chanté.  C’est la complicité orchestre- voix qui fait la beauté de ce genre musical.

                L’opéra est, en effet, avant tout le culte de la voix. Les noms des grands chanteurs lyriques traversent les lieux et le temps. N’appelle-t-on pas les grandes artistes d’opéra  des « divas » ? Mais c’est aussi un art exigeant, si nous naissons tous avec un certain type de voix, c’est le travail qui en fait un véritable instrument de musique. Et chaque voix est unique.

                 L’opéra, c’est la musique mais aussi le théâtre. À travers les intrigues, ce sont les héros de la mythologie grecque, germanique et nordique que nous retrouverons : Orphée, Eurydice, Tristan et Iseult, Parsifal, Lohengrin … et leur univers merveilleux.

Entrée 7 € – adhérents 4 € – jeunes & sans emploi 2 €

Mardi 10 mars 2020 à 18h30

cinéma Vox à Villefranche

L’année de la santé

Conférence donnée par Gérald Kierzek 

Le conférencier, Gérald Kierzek, est médecin hospitalier urgentiste. Passionné par son métier mais aussi par la communication avec le public il est également chroniqueur santé sur TF1 et LCI et intervenant dans de nombreuses émissions de télévision ou de radio.

 Grâce aux observations de terrain lors de son expérience aux urgences, il a publié chez Robert Laffont dans la collection Points un ouvrage vivant, souvent drôle, concret et utile à tous : « 101 conseils pour ne pas atterrir aux urgences ».

 Il prépare actuellement un nouvel ouvrage à paraître en fin d’année qui sera le sujet de sa conférence du 10 mars prochain dans le cadre de l’Université des Savoirs Partagés.

 Il s’agit, dans cette nouvelle réflexion, de nous aider à démêler le vrai du faux parmi tout ce qui circule sur les médias grand public, traditionnels et électroniques. Qu’en est-il scientifiquement de l’homéopathie, des vaccins, des Médiator, Metformine et autres Lévothyrox ? Quand faut-il aller aux urgences ou au contraire éviter de les engorger inutilement ? Quelles sont les difficultés de diagnostic dans certains cas ? Ayant lui-même été victime de la maladie de Lyme, le conférencier nous dira pourquoi il a failli y succomber et expliquera comment le patient peut aider son médecin à poser le bon diagnostic à temps.

 Et, bien entendu, il nous éclairera et répondra à toutes les questions sur le Coronavirus COVID-19 : nouveau fléau ou virus somme toute banal ? Qu’en penser en l’état des connaissances au moment de sa conférence ? Comment s’en prémunir ou lutter contre en cas de contamination ?

 L’information en matière de santé est désormais accessible par de nombreux canaux, malheureusement pas tous aussi fiables les uns que les autres. Pour peu que l’on soit légèrement ou gravement hypocondriaque, on peut chaque matin se découvrir des symptômes de maladies potentiellement mortelles. L’objectif du docteur Kierzek sera donc également de nous aider à choisir les bonnes sources d’information pour mieux comprendre et donc mieux se soigner, si nécessaire.

Mais, quel que soit notre état de santé, comme l’a écrit Woody Allen « la vie est une maladie mortelle sexuellement transmissible », profitons donc chaque jour des petits bonheurs qui passent.

Rendez-vous mardi 10 mars à 18h30 au cinéma Vox à Villefranche

Mardi 7 janvier 2020, 18h30, Lycée Beauregard

« Les élections américaines »

Conférence donnée par Jean-Eric BRANAA

Jean-Eric Branaa est maître de conférences à Paris II Assas, chercheur au Centre Thucydide et chercheur associé à l’IRIS (Institut des Relations Internationales et Stratégiques). Ce spécialiste des Etats-Unis publie régulièrement des ouvrages sur la société et la politique américaines. Les derniers en date s’intitulent Et s’il gagnait encore ? et Jo Biden, le troisième mandat de Barak Obama.

Jean-Eric Branaa fut, en 2016, l’un des rares politologues à voir venir la victoire de Trump. Et pour 2020 ?

A peine un mois avant le début des primaires et des caucus, le conférencier décryptera le système électoral américain dans sa complexité, avec son calendrier immuable qui fait de l’élection à la présidence une course de fond parsemée d’obstacles qui se termine par un sprint final très violent et plein de surprises….

Nous comprendrons par exemple pourquoi, pour la quatrième fois avec Trump en 2016, un président peut être élu, bien que minoritaire en nombre de suffrages exprimés. De même qu’en 2020, l’exaspération que ressent une majorité d’Américains contre le milliardaire new-yorkais ne fera pas forcément une majorité dans les urnes au très singulier système électoral.

Jean-Eric Branaa montre que la victoire de Trump en 2016 a modifié le paysage politique. Si un tel homme a pu arriver au poste suprême, tout est possible. Les candidatures se multiplient chez les Démocrates et la bataille interne sera féroce pour les départager.

A côté des septuagénaires que Branaa nomme « les vieux de la vieille » et de « la relève » qui représente les minorités et la diversité, qui obtiendra l’investiture du Parti ? Et qui sera le mieux placé pour déloger l’hôte actuel de la Maison Blanche ?

Face à un président sortant caricaturé certes, mais hypermédiatisé, qui peut s’appuyer sur de bons résultats économiques, dont la popularité reste d’une stabilité inédite et pour qui « tous les clignotants sont au vert », le Parti Démocrate doit renoncer à diaboliser l’adversaire,. Construire un programme qui réponde  à l’attente générale et trouver un leader incontestable pour porter les idées – les idéaux – d’une Amérique diversifiée. La chance des Démocrates, c’est peut-être que l’électorat a changé depuis 2016. Il est plus féminin, plus instruit et surtout plus ouvert aux minorités.

Dans le trop-plein de candidatures qui va émerger des primaires ? Quel sera le ticket gagnant pour aller affronter l’actuel président ? Et s’il gagnait encore ?

A quelques mois de la campagne officielle, cette conférence éclairera le système électoral américain et nous permettra de mieux comprendre les positions des deux grands partis qui vont s’affronter le mardi 3 novembre 2020.

A cette étape de l’élection tous les candidats peuvent se dire : « Yes, we can ». Quel est le pronostic de Jean-Eric Branaa, spécialiste de la vie politique outre-atlantique ?

Rendez-vous mardi 7 janvier 2020 à 18 h 30

au Lycée Beauregard à Villefranche

Entrée 7 € – adhérents 4 € – jeunes & sans emploi 2 €

SAMEDI 4 JANVIER, 14h30, hôtel Les Fleurines

 « LES ENJEUX DE L’ÉCONOMIE

FRANÇAISE ET MONDIALE »

par Éric HEYER

Le samedi 4 janvier, à 14h30, à l’hôtel Les Fleurines à Villefranche de Rouergue, l’Université des Savoirs Partagés invite l’économiste Éric Heyer pour une conférence au cœur de l’actualité géopolitique.

Éric Heyer, Docteur en Sciences Économiques, est, depuis janvier 2015, directeur du département Analyse et Prévision à l’Observatoire Français des Conjonctures Économiques (OFCE). Membre du Haut Conseil des Finances Publiques (HCFP), il est également enseignant à Sciences Po Paris et à l’Université de la Méditerranée. Il a écrit de nombreuses publications dans le domaine de l’organisation de production, du marché du travail, sur la modélisation macroéconomique et sur les perspectives de l’économie française.  Il est souvent sollicité par les chaînes nationales pour intervenir dans des émissions afin de partager son point de vue de spécialiste au grand public. C’est donc l’expert économique de premier plan qui vient ici, à Villefranche, éclairer la complexité de notre modèle économique et répondre à nos inquiétudes de citoyen.

Il est vrai que la France s’interroge sur un Code du travail qui serait lourd et rigide, un modèle social à-priori coûteux. Les solutions proposées par le gouvernement, les réformes structurelles, notamment celle des retraites aujourd’hui, suscitent un rejet, soulèvent dans la population des réactions vives et les grèves nombreuses se multiplient. La demande de transition écologique et sociale, de réduction des inégalités entre hommes et femmes demeure forte. Nos concitoyens, touchés par un contexte économique qu’ils jugent instable et anxiogène, se posent des questions sur le court et moyen terme. Par exemple : quel sera le contexte économique mondial dans les années à venir ? Devons-nous craindre un nouveau choc pétrolier ? Un éclatement d’une bulle financière ou immobilière ? Les difficultés de recrutements empêcheront-elles le chômage de se résorber ? Que pouvons-nous dire des inégalités ? Notre modèle de croissance est-il soutenable d’un point de vue budgétaire ? Environnemental ?

Conjuguant trois disciplines – économie, droit, sociologie – et mobilisant les études les plus récentes, Éric Heyer réfutera les explications simplistes, proposera un diagnostic, amorcera des pistes nouvelles. Il évoquera son dernier ouvrage « Une autre voie est possible » coécrit avec Dominique Méda et Pascal Lockiec, paru chez Flammarion, insufflant un peu d’espoir dans la morosité ambiante.

Samedi 4 janvier 2020   14h30       Hôtel Les Fleurines   Villefranche de Rouergue

 Entrée :

7€ (non-adhérents)    4€ (adhérents)    2€ (étudiants et demandeurs d’emploi)

Mardi 19 novembre à 18H30

Cinéma Vox

« La méchanceté dans les médias »

Conférence donnée, dans le cadre de l’Université des savoirs partagés (USP), par François Jost. François Jost est professeur émérite à la Sorbonne nouvelle-Paris III, sémiologue, et fondateur du Centre d’Etudes sur les images et les sons médiatiques. Auteur de nombreux livres sur l’image et les médias, il a fait paraître en 2018 un essai : « La méchanceté en actes à l’ère numérique » (CNRS éditions).

La méchanceté est vieille comme le monde, elle a toujours existé. En quoi a-t-elle évolué de nos jours, s’interroge François Jost ? Et pourquoi consacrer un ouvrage à la méchanceté ? Il dédie son essai « À tous les méchants qui [lui] ont donné envie d’écrire ce livre. » Alors qu’il publiait un article toutes les semaines, sur le site « Le Plus » du « Nouvel Obs », il a été visé par toutes sortes de commentaires malveillants émanant de personnes qui, sous couvert d’anonymat, s’en sont pris à son statut de professeur à la Sorbonne et de sémiologue.

« D’où vient cette volonté de nuire, de souiller, de blesser, de détruire, de ridiculiser, d’humilier ? » Parcourant les différents médias, F. Jost dissèque toutes les formes de méchanceté qui s’y expriment et essaie d’en comprendre les ressorts. En quoi internet et les réseaux sociaux la favorisent-ils ? Toute méchanceté est-elle négative ? La satire sociale, l’humour, la critique ne sont-ils pas une part essentielle de la liberté d’expression ? Où se situe la limite entre, d’une part, une méchanceté constructive permettant de remettre en question certains préjugés, des pratiques douteuses, et d’autre part, une méchanceté délétère ? Peut-on y voir aussi une menace pour nos démocraties ?

Quels remèdes apporter à cette situation, sans bafouer la liberté d’expression ?

Entrée 4 € pour les adhérents, 7 € pour les non-adhérents, 2€ pour les scolaires, étudiants et demandeurs d’emploi.

Mardi 5 novembre 2019, 18H30

Cinéma Vox de Villefranche de Rouergue

CONSTRUIRE DES BÂTIMENTS OU DES LIEUX?

Conférence donnée par Nicola Delon

Nicola Delon, diplômé de l’Ecole d’architecture de Paris-La Villette, a été un des commissaires du pavillon français à la biennale internationale d’architecture de Venise en 2018. Il est le fils  du Dr J.P Delon, bien connu des Villefranchois. Avec son ami Julien Choppin, il a cofondé en 2001, à Paris, un collectif d’architectes «  Encore Heureux » qui se propose de réfléchir à l’adaptation de l’architecture aux crises qui secouent notre monde.

«  Construire des bâtiments ou des lieux ? »  Nicola Delon s’interroge sur la nécessaire adaptation de l’architecture aux défis de notre monde. Comment  loger une population  à la croissance exponentielle, quand les ressources naturelles -comme le sable, base du béton-  s’épuisent ? Quels matériaux alors utiliser ? Comment concevoir l’habitat sans saccager la nature ? Comment restreindre l’étalement des banlieues pavillonnaires et le réseau autoroutier qui l’accompagne,  tout en évitant la construction de gratte-ciel très énergivores ? Comment  construire non pas des bâtiments mais des lieux adaptés aux défis de notre monde : climatique, économique, social  et dans lesquels il fait bon vivre ?

Chaque année, en France 60 000 ha sont bétonnés (autoroutes, voies ferrées, constructions diverses).Toutes les 24 heures, on utilise l’équivalent de 20 tours Eiffel de métal. Les villes s’étalent, les campagnes se vident. Les centres-villes des petites et moyennes agglomérations sont désertés, leurs  commerces meurent, concurrencés par les grandes surfaces de la périphérie. Comment freiner l’émiettement urbain et le bétonnisation du territoire ? Comment éviter le clivage social : les riches d’un côté, les pauvres de l’autre ? Comment, grâce à l’architecture, à la construction de lieux de vie à dimension humaine, réactiver les liens sociaux, lutter contre la solitude urbaine, ré-enchanter les villes ?

 Sur toutes ces questions primordiales, N.Delon nous fera part de ses réflexions et des solutions qu’il propose.

Entrée :

  • 4€ pour les adhérents,
  • 7€ pour les non adhérents,
  • 2€ pour les scolaires, étudiants et demandeurs d’emploi.

Deuxième conférence de la saison 2019/2020…

FAKE NEWS, Complots et Fantasmes

Conférence donnée par François-Bernard Huyghe

mardi 15 octobre 2019, 18h30, Lycée Beauregard à Villefranche

Le conférencier François-Bernard Huyghe est docteur d’Etat en Sciences Politiques, actuellement directeur de Recherche à l’IRIS (Institut des Relations Internationales et Stratégiques) où il a créé l’observatoire géostratégique de l’information en ligne. Il a publié en février 2019 « FAKE NEWS – La Manipulation ».

Il répond pour la 3ème fois à l’invitation de l’USP et aborde un sujet qui nous concerne tous, les « fake news ». Son analyse permettra de mieux comprendre l’expression devenue à la mode en 2016 avec le Brexit et l’élection de Trump que l’on a attribuée en partie à la désinformation. Le terme a été élu mot de l’année 2017 du Oxford Dictionnary.

S’il est vrai, comme le rappelle Huyghe en citant le philosophe Popper que « l’homme est un singe menteur », que dans la Bible, l’histoire de notre espèce commence par une petite pomme et un gros mensonge, que la diffamation et l’intoxication politiques remontent au moins à l’Antiquité, ce qui a changé, c’est l’incroyable démocratisation du faux, ses moyens techniques et son impact idéologique, porté par les réseaux sociaux.

Cet essor de la désinformation et de la manipulation politique a entraîné la réaction des Etats qui veulent légiférer contre cette désinformation, cherchant à éliminer ces « fake news ». Le« fact-checking » ou pratique de la vérification des informations dans les médias classiques s’est d’autre part généralisée pour lutter contre le phénomène.

Vrai ou faux ? Réalité ou manipulation ? Info ou infox ? Les migrants touchent plus d’allocations qu’un retraité français. Des oiseaux sont morts par centaines à cause de l’incendie de Rouen. Le prochain hiver sera ”le plus froid depuis 30 ans” prédisent les médias.

Les fake news cherchent à manipuler l’opinion publique, elles visent à susciter des émotions, à attiser des peurs ou à semer le doute. Le remède à la prolifération de ces rumeurs et forgeries ne se trouve pas dans les lois qui peuvent renforcer chez certains la conviction que l’on nous cache tout et que la vérité est censurée. Le problème est donc plutôt celui de la confiance dans les sources et du processus de vérification.

La conférence de F.B. Huyghe exposera les méthodes de repérage du faux, nous éclairera sur la bonne démarche de vérification et nous renverra au bon usage de l’esprit critique !

« Assurons-nous bien du fait, avant de nous inquiéter de la cause […] nous éviterons le ridicule d’avoir trouvé la cause de ce qui n’est point ! ». L’injonction de Fontenelle est toujours d’actualité.

Rendez-vous mardi 15 octobre 2019, 18h30, Lycée Beauregard à Villefranche

Entrée 7 € – adhérents 4 € – jeunes & sans emploi 2 €

 Entrée :

7€ (non-adhérents)

4€ (adhérents)

2€ (étudiants et demandeurs d’emploi)